Ma retraite, c’est foutu ?

Quand j’explique aux personnes que je rencontre ce que je fais en tant que conseiller en gestion de patrimoine et quelle est la finalité de mon action, je leur explique qu’entre le dernier salaire de leur activité professionnelle et la première rente de leur retraite, il vont subir près de 60% de perte, ces personnes tendent attentivement l’oreille.

A l’aube d’une énième réforme des retraites, il me semble important de revenir sur la problématique du système par répartition. Seuls 3 leviers existent pour maintenir la survie des caisses de retraite. Il faut savoir aussi que certaines d’entre elles utilisent le crédit pour pouvoir payer les pensions de leurs adhérents…

1 – Augmenter les cotisations des actifs. Et par la même occasion, baisser leur pouvoir d’achat.

2 – Baisser les cotisations des retraités (ou geler l’augmentation calculée sur le taux de l’inflation). Les retraités s’en rappellent encore tellement ce scénario est récent.

3 – Allonger le temps de durée de cotisations des actifs. Donc allonger le départ de l’âge légal en retraite, actuellement à 62 ans.

Ces 3 scénarios ont déjà été joués et seront probablement remis sur le tapis d’ici peu, puisque ce problème est insoluble. Aujourd’hui le ratio de cotisants actifs est de 1,2 pour 1 retraité. Si vous y voyez un certain équilibre, ce ration était de 7 actifs pour 1 retraité quand ce système a été mis en place après la seconde guerre mondiale. Pendant que ce 1,2 actif cotise pour la pension d’un retraité, personne ne cotise pour la sienne. Et au rythme des réformes qui ne changeront pas le pessimisme du scénario démographique, tout le monde se demande ce qu’est la réelle solution pour s’assurer un minimum pour ses vieux jours.

Il va falloir apprendre aux français que préparer sa retraite doit devenir le 1er réflexe du jeune actif qui entre fraîchement sur le marché du travail. Car préparer sa retraite personnellement, ce n’est pas vouloir adopter un système par capitalisation. C’est se prémunir d’un système voué à la faillite.

Le coût de la remise à plus tard… Je prends souvent le cas fictif de Martin, 20 ans, qui épargne 100 € mensuellement jusqu’à ses 65 ans. Placé à 5% (ce taux n’est clairement pas une utopie), le capital généré grâce à la magie des intérêts composés (8e merveille du monde selon Einstein) s’élèverait à plus de 200.000€. La participation réelle ne serait que de 54.000€. Il pourrait ainsi se dégager une rente mensuelle de 750€ (pendant 25 ans) qui diminuerait en partie le taux de remplacement (différence entre son dernier salaire et sa 1re pension de retraite).

A chaque fois que vous décalez de 10 ans vos projets pour mettre en place une solution pour votre complément retraite, vous multipliez votre cotisation mensuelle par deux (et par conséquent votre participation réelle). Commencer à préparer sa retraite à 50 ans pour obtenir une rente équivalente signifierait devoir épargner 800€ mensuellement à un âge où le crédit de sa résidence principale n’est pas encore soldé, où les enfants commencent leurs études et peut-être, par malchance, où il faut changer la voiture…

Bref, 100€ par mois à 20 ans, ce n’est pas facile les premiers temps. Mais cette habitude sera bientôt indolore, et vous vous détacherez de cette épargne pour presque l’oublier. Une fois par an, le seul travail sera de vérifier la composition des actifs qui composent votre solution d’épargne afin de rester cohérent avec la diversification choisie initialement au regard du risque qui sera le vôtre pour la durée de vie de votre placement.

Les solutions existent et il est de notre devoir de sensibiliser nos enfants sur l’importance de sécuriser leur retraite sans compter sur la part de l’Etat. Pour ma part, je fais de cette mission de vie un véritable engagement.

mars 5, 2019

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